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 - Il n'y a pas que les lions que l'on met en cage -

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AuteurMessage
Murayama Haruka
~ CLASSE A - 2
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Messages : 12
Date d'inscription : 08/03/2008

~> Vous, Tokyoïte <~
Âge : 16 ans
Occupations: Jouer les mômes infectes
Relations:

MessageSujet: - Il n'y a pas que les lions que l'on met en cage -   Mer 23 Avr - 23:50

- Les vipères aussi connaissent les barreaux -


Trois heures, seize minutes, trente-trois secondes et sept dixièmes. Que ce laps de temps pouvait-il bien représenter pour le commun des mortels ? Un trajet en train pour se rendre en vacances, une après-midi partagée avec des amis, le temps qu’il fallait pour visionner un fil un peu longuet ? Peut-être. Haruka n’en savait rien, et ne voulait d’ailleurs point le savoir. Elle et le commun des mortels n’avaient jamais fait bon ménage, et s’intéresser aux préoccupations d’une instance aussi détestable ne figurait point sur la liste des priorités immédiates, ni même lointaines de la donzelle. A la limite, si l’étude de cette question avait permis à Haruka de lâcher quelque parole blessante pour heurter l’orgueil d’une tierce, la jeune fille n’aurait pas nécessairement refusé. Mais là il s’agissait d’accorder un minimum d’attention à Autrui et de s’interroger sur son cas. Avec humanité, empathie, et qui savait ? même peut-être avec altruisme. Or, aux yeux de cette chère Murayama, Autrui n’avait aucune valeur, Autrui ne méritait que le mépris et Autrui pouvait bien aller se faire mettre. Telle était l’opinion radicale que s’était forgé la jeune aveugle au sujet de l’espèce humaine, au cours de ces dix-sept dernières années et qu’elle ne modifierait certainement pas. Et tout cela, pour… Pour beaucoup de raisons qui nécessiteraient des développements bien trop denses et longs et que nous ignorerons de ce fait pour ne point perdre de vue notre sujet de départ.

Car, oui, mes chers lecteurs attentifs et passionnés par, nous avions bien un sujet de départ avant de partir dans de longues considérations superflues sur la misanthropie de notre diablesse préférée : ces trois heures, seize minutes, trente-trois secondes et sept dixièmes. En effet, car si Haruka se fichait pas mal de savoir à quoi les aurait occupé ses supposés semblables, elle n’ignorait cependant à quoi elle-même les avait consacrées : à vociférer comme une démente, à marteler une porte jusqu’à ce que ses poings en saignassent, à réprimer des larmes de rage. Et ce, où ça ? Enfermée dans un placard à balais, perdu entre une salle de classe désaffectée et des toilettes qu’élèves comme personnel nettoyant avaient dû oubliés, coincé à l’intersection de deux couloirs déserts. Et ce, pourquoi ?


    « YAH ! HAYASHI ! Tu penses qu’en me séquestrant, ton tour de hanche diminuera ? Même pas en rêve. Fais-toi une raison. Tu n’es réellement qu’une sale truie. Assume, point. ET SORS-MOI DE LA IMMEDIATEMENT ! »


Assurément à cause de sa langue trop acérée, son manque cruel de tact, son langage pas assez châtié, ce qui, en résumé, revenaient à tous les traits de son caractère qui la plaçaient au rang de ‘personne détestable’. Haruka le savait pourtant pertinemment : les insultes à tout-va ne faisaient point l’unanimité. Mais voulait-elle seulement la faire ? Bien sûr que non. Aussi la donzelle ne se gênait-elle nullement pour lâcher toutes les piques qu’elle avait en réserve, toutes les crasses possiblement imaginables, tout le venin dont sa nature agressive l’avait dotée. Et ses remarques désobligeantes fusaient, et ses critiques imméritées s’abattaient sur d’innocentes victimes, et ses ennemis se multipliaient. C’était là toute la logique haineuse dans laquelle Haruka avait choisi de s’enfermer.

Mais ce qu’omettait trop souvent la jeune fille état qu’un tel comportement n’était pas dépourvu de risque, et qu’à force de trop casser, on ne nous laissait plus rien passer. Parfois, les altercations dans lesquelles elle s’embarquait dérapaient. Et d’arroseur, elle passait en mode ‘victime arrosée’. C’avait été le cas de cette journée.

Tout avait commencé un peu plus tôt, à l’heure du repas. Alors qu’Haruka, excédée comme à son habitude, longeait un mur pour gagner la sortie du réfectoire, sa canne s’était enfoncée dans un pied, dont l’heureuse propriétaire n’était autre Hayashi Megumi, une camarade de classe que la donzelle avait identifiée à son parfum à la fraise trop fort et à sa voix aigue. Autant le dire, de suite : cette fille, Haruka l’abhorrait comme elle abhorrait l’espèce humaine toute entière. Aussi, plutôt que de platement s’excuser, le jeune demoiselle avait eu ces mots assassins : « Fais attention où tu marches, grosse truie. » Et quoique cette réplique improvisée n’eut rien de comparable l’habituelle verve Murayamaienne, elle était toutefois restée en travers du gosier de cette pauvre Hayashi, qui, trop offusquée pour répondre sur le coup, échafauda sa cruelle vengeance. Au sortir du cours du mathématiques, elle suivit Haruka hors de la classe, attendit que celle-ci traversât un endroit à l’abri des regards et passa à l’attaque.


    « C’est lâche, tu sais ?! Attaquer quelqu’un par surprise. D’un autre côté, ça ne m’étonne pas de la PART D’UNE GROSSE TRUIE »


A dire vrai, si Haruka avait été plus proche de ce commun des mortels qu’elle maudissait tant, rien de tout cela ne se serait déroulé ainsi. S’il avait été un peu moins peste, un peu moins méchante, un peu moins aveugle à la limite. Mais cela demeurait tout de même indéniable : entre Haruka et Autrui, un mur infranchissable de haine se dressait. Ou moins poétiquement, une déformation du cortex visuel primaire qui empêchait toute assimilation des informations dépêchées par les yeux de la donzelle. Certains ne l’avaient pas, d’autres l’avaient. Manque de pot, Haruka se trouvait dans le second des cas. Elle était aveugle. Elle ne voyait pas. Elle n’avait pas vu. La lueur de tristesse dans le regard d’Hayashi vexée, la lueur de haine dans le regard d’Hayashi qui planifiait sa vengeance, la lueur de démence dans le regard d’Hayashi la suivant… elle ne les avait pas vues, mais avait uniquement senti deux bras se refermant autour de ses épaules, reconnu un parfum de fraise. Puis on l’avait jetée dans un réduit difficilement identifiable, son dos avait heurté une étagère pleine de qu’elle supposaient être des produits d’entretien ménager et finalement, ce son terrible avait retenti : un verrou qui claquait.

    « BORDEL ! Y’A PAS QUELQU’UN POUR ME SORTIR DE LA ?! »


Hayashi ne s’était pas éternisée devant sa victoire et avait vite décampé ; le bruit de ses pas s’amenuisant au loin l’avait indiqué à Haruka. Et à cette dernière, coincée dans cette cellule improvisée, il ne resta bientôt plus que sa gorge pour hurler, ses poings pour frapper et ses yeux pour pleurer.

Et ces foutues trois heures, seize minutes, trente-trois secondes et sept dixièmes.
Trois heures, vingt minutes, treize secondes et deux dixièmes, désormais.

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